Gnonsiane Niombla victime de cris racistes lors d'un match en Hongrie

Gnonsiane Niombla, avec le maillot de l'équipe de France. (S. Boué/L'Équipe)

L'internationale française, qui évolue à Siofok, a été la cible de cris racistes lors du match joué mercredi, à Debrecen. « Je n'avais jamais vécu cela », déplore-t-elle.

Le choc de haut de tableau du Championnat hongrois entre Debrecen (5e) et Siofok (3e) a tourné à l'avantage des visiteuses (30-39) ce mercredi, mais le résultat importe peu. Car le match a surtout été marqué par des cris racistes visant Gnonsiane Niombla, internationale française et joueuse de Siofok, qui a déploré ces incidents à la fin de la rencontre sur Instagram.

« Tellement heureuse de cette victoire, écrit-elle en légende du selfie de son équipe. Tellement heureuse d'être de retour sur le terrain. Jouer devant un public aussi raciste, je n'avais jamais vécu cela, merci à vous, vous m'avez tellement donné de force ! Éducation 0, comportement 0, cerveau 0. »

Les faits auraient démarré dès l'échauffement. « J'ai eu le malheur d'être du mauvais côté quand je faisais mes longues passes, confie Niombla. Quand je suis rentrée sur le terrain, cris de singe. J'ai fait une contre-attaque, pareil. Je ne comprends pas le hongrois mais il n'y avait pas une once de bienveillance. »

« Tout le monde entendait mais personne n'a voulu se mouiller. »

Gnonsiane Niombla

« Je suis triste, a souligné son coach, le Norvégien Tor Odvar Moen, en conférence de presse. Triste par rapport à la situation dans la salle, quand Gnonsiane Niombla marquait, et les sons des spectateurs. C'est juste embarrassant et ça ne devrait pas exister en 2020. J'espère que le club et la fédération, qui est responsable, feront quelque chose pour cela. Car pour moi, c'est juste embarrassant, et pour la majorité des gens je pense. » Le coach de Debrecen, Vilmos Köstner, s'est dit « désolé » de ce qui s'était passé, ajoutant cependant : « Je pense que ce n'était pas raciste mais en analysant la situation, quelqu'un a dit quelque chose qui met mal à l'aise. »

Le problème, poursuit la Française, est que rien n'a été fait pour corriger cela. « Le corps arbitral a entendu, tout le monde entendait mais personne n'a voulu se mouiller, y compris moi car ils n'attendaient que ça, arrêter le match pour encore insulter, crier, en rajouter. La meilleure correction qu'on leur a donnée est sur le terrain. »

En début de saison, l'international français Dika Mem, qui évolue au FC Barcelone, avait été la cible d'insultes racistes venant de spectateurs slovènes.

publié le 15 janvier 2020 à 21h32 mis à jour le 15 janvier 2020 à 22h44